Quelques nouvelles avant … les vacances !
Parce qu’il s’est passé BEAUCOUP de choses ces dernières semaines ⤵️
Il y a du relâchement… je vous ai laissés la dernière fois, je partais tout juste vers le Cercle Polaire. N’y voyez rien de personnel : les choses se sont énormément enchaînées depuis si bien que je n’ai pas trouvé pris le temps de vous écrire.
Vendée Arctique : un grand succès ! 🙌
Sous couvert d’une course d’avant-saison et de préparation à la Route du Rhum, la Vendée Arctique était en fait ma première vraie épreuve du feu. En descendant le chenal des Sables d’Olonne et en partant seul sur un parcours aussi exigeant, j’ai vraiment eu l’impression de partir sur un Mini Vendée Globe. On partait vraiment à l’aventure, sans vraiment savoir ce qui nous attendait là-haut.
Et finalement, tout s’est très bien passé.
Après une traversée de la Manche au près (🤮), j’ai réussi à faire route au travers puis au portant jusqu’au cercle polaire en contournant une dépression qui avait très opportunément décidé de passer par là, au bon endroit et au bon moment.
Pendant toute la montée vers l’Islande, je lui ai fait les yeux doux, sans savoir si ça allait fonctionner. J’avais assuré mes arrières en préparant un scénario de secours avec un passage au près dans son ouest. Mais, au fil des mises à jour météo, les modèles se sont affinés, mon placement au Sud a payé et j’ai finalement réussi à la contourner par l’est. Au passage, j’ai pu doubler Arnaud Boissières sur son bateau pourtant plus rapide que le mien. Je peux vous dire qu’il était content de sa trajectoire, le petit Nico sur son grand bateau jaune ! Une belle aile de mouette, comme dans les livres.
Au retour, alors que mon plan de base était de jouer la prudence et d’assurer le coup, je me suis surpris à pousser le curseur un peu loin malgré le vent fort et les grosses vagues. En fait je voulais surtout pas qu’Arnaud me repasse devant !
J’ai donc forcé… et peut-être un peu trop. J’ai fait de belles moyennes entre le Cercle Polaire et les Iles Féroé au retour : 18, 19 parfois 20 noeuds de moyenne sur 1 heure. C’est peu pour les bateaux de dernière génération, mais pour mon brave Théophile c’est des beaux scores !
Je sentais que je lui en demandais un peu trop. Et en IMOCA, ça ne pardonne pas. Résultat : deux petites galères. D’abord un safran qui s’est relevé inopinément, avec à la clé une belle tranche (*) et 45 minutes perdues avant de repartir. Puis l’amure du J0, une voile d’avant, qui a cassé.
(*) Rien à voir avec le Perrier… Une tranche, c’est quand le bateau se couche brutalement sur le côté. Ça arrive quand quelque chose se passe mal… donc idéalement le moins souvent possible.
Le vrai enseignement de cette course ? La voile en solitaire est un sport d’équipe
On imagine souvent le marin seul sur son bateau face à l’océan. Dans une certaine mesure c’est vrai (je vous assure que les moments de solitude peuvent être très très violents), mais en réalité, je suis complètement dépendant du travail de l’équipe technique.
C’est fou la vitesse à laquelle les problèmes peuvent dégénérer sur un IMOCA. Une petite manille casse, le safran se relève et, derrière, on se retrouve avec une voile déchirée, un safran abîmé, une coque à réparer et donc une sortie d’eau du bateau au mois de septembre. Ça fait cher payé !
Le nombre de pièces, qui, si elles cassent, peuvent me ralentir, me mettre dans l’inconfort, me mettre en danger voire même en détresse est tout simplement incalculable. En fait, il ne faut surtout pas réfléchir comme cela sinon on ne trouve jamais le sommeil. Je ne peux pas tout savoir, tout préparer, tout vérifier ni tout maîtriser. C’est précisément pour ça que quatre personnes travaillent à temps plein sur la préparation du bateau.
Alors merci à Simon, Adrien, Anouk et Valentin. À part ces deux petites avaries, que j’avais d’ailleurs un peu senties venir, tout a parfaitement fonctionné. Et ça, c’est grâce à eux. La confiance en leur travail est la pierre angulaire de tout ce qui se passe ensuite en mer.
Au final, cette Vendée Arctique sera tout à la fois : une belle aventure qui m’a permis de continuer à prendre confiance sur ce bateau, de voir des beaux paysages, d’aller chercher une belle 6ᵉ place, de vivre mes premières vraies frayeurs en solitaire, de valider ma qualification pour la Route du Rhum, mais aussi et surtout … pour le Vendée Globe !



Et oui, en franchissant la ligne d’arrivée, j’ai décroché mon sésame pour l’Everest des mers : je peux désormais m’inscrire au Vendée Globe.
Après… pour des raisons de trésorerie pour faire durer le suspense, on va temporiser un peu sur l’inscription 😉
Entracte ⛰️
On ne revient pas indemne de dix jours en mer en solitaire ! Dès mon arrivée au ponton, j’ai donc confié les rênes du bateau à l’équipe et je suis parti déconnecter quelques jours, loin de la mer et du bateau.
J’en ai profité pour aller à la rencontre des équipes de plusieurs magasins Castorama (Clichy, Ormesson et Givors), puis pour fêter les 20 ans de B2P à Cavaillon. Entre-temps, je suis également intervenu lors de deux conférences pour un séminaire Saint-Gobain Glass sur l’île de Ré, et à l’Assemblée générale de la FNADE (Fédération Nationale des Acteurs de la Dépollution et de l’Environnement) à Paris.
Ce faisant, je me suis dit que c’était quand même la semaine de « récupération » la moins récupérante de l’histoire de toutes les semaines de récupération. Heureusement, j’ai pu ensuite prendre 5 jours de vraies vacances à la montagne pour me reposer pleinement pour participer à la Pierra Menta Eté avec Tanguy Le Turquais. Au programme : une course par jour pendant trois jours, soit près de 70 km et 7 000 mètres de dénivelé positif cumulés.
Ce fut une grande réussite pour nous cette année puisqu’à l’inverse de l’année dernière où, pour rappel, Tanguy avait implosé à la fin de la première journée, nous finissons dans les temps, avec un classement final honorable de 125e sur 225 participants.
La grande question qui nous taraudait (sans qu’aucun de nous n’ose vraiment l’aborder) était simple : lequel des deux serait le facteur limitant de l’équipe ? Au final, ce n’est ni lui ni moi qui a tiré l’autre mais un certain …. Stan Thuret, venu réaliser les images de cette aventure. Pour nous filmer sous tous les angles, il nous dépassait, s’arrêtait, nous laissait repasser, puis revenait nous doubler quelques minutes plus tard avec une facilité humiliante. Sa condition physique a mis tout le monde d’accord, et on s’est ainsi tous quittés en excellents termes.
Je me suis ensuite pointé à Marseille comme une fleur (ou presque, car les courbatures étaient réelles), où, pendant tout ce temps, Simon, Claire-Victoire et Adrien avaient convoyé le bateau depuis Lorient au terme de 9 jours de navigation.
« Et ça fait Zumba Café au Carnaval » 🎧
Pourquoi Marseille ? En fait on est partis du principe que si on invitait tous nos joyeux partenaires naviguer à Lorient pendant 4 ans ils pourraient finir par se lasser (même si Lorient est bien sûr une ville de grand intérêt…) On a donc profité d’un petit trou dans le calendrier de course pour amener le bateau à Marseille pour les inviter à naviguer au soleil et dans un cadre sympa. Toutes les journées que nous avons proposées à nos partenaires ont été réservées, et ils sont tous repartis ravis. Je me dis donc que ça valait le coup !
C’était aussi l’occasion de tenir une promesse que j’avais faite aux équipiers joyeux du Café Joyeux de Marseille dont je suis le parrain depuis son ouverture il y a 2 ans. J’avais promis qu’un jour j’amènerais le bateau Café Joyeux dans le Vieux Port, et tenir ses promesses, c’est toujours chouette !
Merci à Lou-Kévin pour cette chouette vidéo souvenir de notre navigation avec l’équipe du Café Joyeux de Marseille : Anne, bien sûr, mais aussi Tanya, Andrea, Eloi, Félicien, Marc, Carla, Camille et Mathis ! Vous resterez à jamais mes chouchous :)
En coulisse, ces journées représentent beaucoup de travail pour l’équipe, car au total nous avons navigué 11 jours en 14 jours, dont 8 journées d’affilée, avec jusqu’à 4 groupes d’invités par jour. Je n’attends pas plus longtemps pour les remercier et surtout féliciter Claire-Vi, qui a tout merveilleusement organisé avec nos partenaires et l’équipe du Café Joyeux de Marseille. Tout a tourné comme une horloge suisse, bravo à elle !
Je garderai un éventail de souvenirs de Marseille : des chouettes excursions baignade en zodiac (c’est un outil de travail mais on n’est pas non plus des bêtes), des randos sympas, des apéros en bonne compagnie, le sourire des équipiers joyeux, la joie contagieuse d’Anne la manager du café, mais aussi une chaleur étouffante, des goélands dévorant des cadavres de rats, des salades qui tombent du ciel sur le trottoir (premier degré…) et un vilain accident de trottinette électrique dont mon épaule souffre encore. Ce qui est sûr c’est que j’ai toujours énormément de plaisir à venir à Marseille mais que je ne pourrai jamais habiter cette ville :)
Obrigado Cascais 🇵🇹
Sur le chemin du retour, nous avons fait escale à Cascais, dans la banlieue (très chic) de Lisbonne. Et pour cause : il y a 6 Café Joyeux au Portugal, dont 3 à Lisbonne et 1 à Cascais ! On n’allait quand même pas passer devant sans s’arrêter prendre un petit café…





J’en profite pour remercier l’équipe de choc de convoyage entre Marseille et Cascais : Simon, Jean et Edouard. Une navigation paisible, sans stress, à l’exception peut-être des 2 empannages dans 40 noeuds au passage de Gibraltar.
L’occasion était trop belle et nous avons emmené l’équipe du Café Joyeux local et leurs invités en mer. Ce fut encore des beaux moments de partage avec les équipiers joyeux… Après New York en 2024, c’est la deuxième fois que le bateau Joyeux allait à la rencontre des collègues de l’étranger !






À Cascais, nous avons ensuite laissé le bateau entre les mains de Simon, qui l’a ramené en solitaire jusqu’à Lorient, tout seul comme un grand ! Ce convoyage lui a permis de se qualifier comme skipper remplaçant sur mon IMOCA pour la Route du Rhum. Si jamais il m’arrive quelque chose, c’est donc lui qui prendra le départ à ma place. Je ne veux dénoncer personne, ni donner de mauvaises idées à qui que ce soit, … mais si un jour je suis victime d’un “accident”, vous saurez à qui profite le crime !
A l’inverse de mon binôme en course à pied à fort dénivelé avec Tanguy, dans mon binôme avec Simon en mer je suis CLAIREMENT le facteur limitant. Comme moi, Simon rêve aussi un jour de prendre le départ du Vendée Globe. Ce convoyage qualificatif était sa toute première navigation en solitaire sur un IMOCA. J’étais très heureux de pouvoir lui offrir cette opportunité (et j’avoue que ça m’arrangeait bien de rentrer le plus vite possible à Lorient).
« L’Escalier », notre dernière chronique, est en ligne ! 🎥
Ca vient de sortir dans les bacs, vous pouvez retrouver notre dernière chronique sur YouTube en cliquant ICI ou bien sur l’image ci-dessous :
Une nouvelle production Air Video et Eau menée par Coline Béal et Lou-Kévin Roquais. Merci à eux !
Bonnes vacances, et accrochez-vous pour la rentrée ! 🫏
On ne va pas s’ennuyer à la rentrée car tout va s’enchaîner très vite jusqu’à la Route du Rhum avec d’autres journées navigation avec nos partenaires, le Défi Azimut, et ensuite ça sera déjà la dernière ligne droite…
Heureusement ce n’est pas tout de suite. Je pars (ainsi que l’équipe) ce soir en VACANCES qui, je pense, sont bien méritées. Après quelques jours en famille je filerai de nouveau à la montagne, car même si j’adore mon bateau et la mer, en vacances, je préfère les alpages, les bouquetins et les ânes !
Je rends vite l’antenne avant de vous tunneliser sur ma passion « âne ». Je souhaite à tous d’excellentes vacances, prenez soin de vous et de vos proches, et je vous dis à très bientôt pour des nouvelles aventures !
Nico
PS : Je suis si pressé d’aller en vacances (et déjà en retard pour l’apéro) donc j’envoie cette newsletter avant de pouvoir faire le proof-reading complet. Pardonnez mes erreurs, l’appel de la douzaine d’huître est puissant telle une chorale symphonique de sirènes 🧜♀️. Les éventuelles (nombreuses) fautes seront corrigées sur la version en ligne !









